netjournees2011

NetJournées, mars 2011

Elles ont rassemblé plus de 500 participants parmi lesquels 17 académies et 35 collectivités étaient représentés, avec 130 ateliers proposés sur ces 2 journées (30-31 mars).

Cet évènement est l’occasion unique d’avoir un tour d’horizon complet et concret du développement des TICE, en particulier les ENT, et de participer activement à leur devenir, de rencontrer et échanger avec des acteurs impliqués dans le développement des Environnements Numériques de Travail (enseignants, collectivités, professionnels…).

Des espaces étaient organisés :

  • un espace Formation, où chaque session était axée sur un aspect ou un module de l’ENT,
  • un espace Groupe de travail pour une réflexion et des échanges sur l’ENT de demain,
  • un espace Ateliers thématiques de présentation d’expériences ou de méthodologie,
  • un espace Forum pour une table ronde sur les problématiques liées à la mise en place et au déploiement des ENT,
  • un espace Usages avec des exemples d’usages réels d’ENT présentés par des enseignants et des chefs d’établissement.

Un temps fort est à chaque édition particulièrement apprécié par la communauté éducative : les « démos déjeunatoires ». Une douzaines de tables hébergeant un ou deux représentants d’établissement connectés à leur ENT et un buffet déjeunatoire réparti sur ces tables, pour que les participants découvrent les usages réels de l’ENT au gré de leur parcours de table en table de nouvelles pratiques, des documents explicatifs…

Voici ce qu’il ressort de ce que j’ai pu relever dans les échanges au sein des groupes de travail et forums :

    • beaucoup de débats autour des outils pour le LPC, dissociant fonctionnalités de saisie au fur et à mesure et de validation
    • une vision de l’ENT qui dépasse le cadre de l’établissement avec des usages administratifs (avec les collectivités par exemple) et pédagogiques (avec des partenaires et autres établissements) : lLiaison CM2 / 6ème, stages…
    • nécessité d’un ENT « service complet » ou/et « portail d’accès » pour éviter de s’éparpiller sur de nombreux sites, notamment avec des services de pages web publiques, de podcast,… bref un portail unique pour le quotidien d’un membre de la communauté
    • une demande et réflexion respectivement pour et sur les accès mobile à l’ENT (consultation agenda, actualité et tableau affichage et messagerie avec flux rss par exemple, voire bibliothèque photos par exemple)

le changement de l’année scolaire, un moment délicat, avec les problématiques des mots de passe, notamment pour les parents, et de la conservation d’une année sur l’autre de l’accès aux des données liées au membres ou groupes

  • des difficultés quant à l’identification des parents, notamment dans les familles séparées, quant à leur accompagnement, leur sensibilisation à l’usage de l’ENT…
  • il ne faut pas ménager ses efforts pour le maintient de la dynamique de formation et d’accompagnement malgré le manque de moyens ; à prévoir en termes financiers, pour les nouveaux enseignants
  • dans le cadre d’un projet global numérique, la mise en place est chronophage mais l’investissement promet un gain de temps et des facilités de communication par la suite
  • l’accès à des ressources est important mais qu’il manque (encore) la possibilité de créer des séquences, des outils intégrés pour la création pédagogique ; outils de production de contenu, avec une demande forte pour un outil de création et d’exploitation du QCM, lire des vidéos et son, le podcasting plébiscité par nombre d’enseignants
  • le sujet de l’annuaire fédérateur est de moins en moins sensible (les données renseignées étant de plus en plus homogènes, de qualité) mais le problème de perte de mots de passe récurrent
  • les avis sont partagés sur les manuels numériques, l’utilisation reste laborieuse tout de même, souvent inadaptée à la projection écran et dont « le bon » modèle économique reste à trouver
  • pas de nécessité d’intégrer des services dits « de réseaux sociaux » dans l’ENT, pour le moment ce service peut rester dissocié
  • le fort impact du service « emploi du temps » sur tous les autres services de l’ENT, avec obligation d’information en temps réel ; encore deux soucis : la gestion de répartition de service et la rapidité de réponse de ce service, sa fluidité d’échange avec les autres
  • la problématique de la bande passante qui commence à être un frein au développement des usages ; évoquée, pertinence pédagogique de limiter les contenus notamment vidéo et audio ?
  • l’importance des indicateurs pour les collectivités et les équipes de direction, mais les simplifier
  • l’ importance de l’accompagnement avec surtout des stages pratiques en faveur des échanges
  • des questions et solutions concernant l’e-voting dans l’ENT dans la perspective des élections (parents, délégués…) mais encore des réglages législatifs à faire
  • l’alimentation de l’annuaire de l’ENT et l’administration des comptes sont toujours délicates et chronophages

D’autres idées, en vrac…

L’intérêt de l’outil ENT pour les parents et les élèves, en particulier celui du cahier de texte en ligne, n’est plus à démontrer. Certes un investissement important est nécessaire à la mise en place d’un ENT, comme toute opération de changement, mais on commence à percevoir l’intérêt de l’outil. Cependant, la coexistence de la forme papier avec la version numérique est un frein aux développement des usages de la seconde.

Il est fréquemment rappelé l’importance de la conduite de projet par l’équipe de direction au sein de l’établissement.

Les questions liés la CNIL sont toujours à l’ordre du jour des inquiétudes des usagers et des maîtrises d’œuvre et d’ouvrage.

Il est difficile d’anticiper sur évolution des technologies et les besoins, mais il faut impérativement mettre dans les ENT des outils pour que les élèves puissent produire, pour que l’élève soit acteur et pas un simple consommateur des services de l’ENT.

Ces NetJournées montrent bien encore combien il est important que les usagers des ENT se rencontrent. L’accompagnement au changement (terme un peu « barbare » pour évoquer une évolution naturelle), doit être mené pour le développement des usages des TICE et des ENT en particulier. Mais rappelons que cet investissement est au service du travail des enseignants avec les élèves, il ne faut pas l’oublier ; il ne faut pas oublier les pratiques pédagogiques, il ne faut pas noyer la pédagogie dans les problèmes techniques, ne pas oublier que les enseignants ne sont pas des informaticiens-nés et que les usages de l’ENT ne sont pas tous des praticiens chevronnés des TICE !

Standardisation et industrialisation sont deux caractéristiques du développement des ENT de nos jours, mais ces termes ne sont pas dans la culture des enseignants. Il faut rappeler que l’on touche des masses d’usagers, non pas que des enseignants et que l’on on « parle souvent trop technique ». Il faut tenir compte du nombre, de la diversité parfois extrême des usagers (les irréductibles, ceux qui ne veulent pas prendre le train mais qui le prendront néanmoins et les « pros », les techniciens informaticiens dont il faut calmer l’impatience !).

Nous devons accepter l’arrivée dans l’éducation des produits des entreprises privées, assainir la question de l’origine des outils, car rien est gratuit dans le numérique, et porter son attention sur les services et fonctionnalités apportées par ces outils pour laisser les collectivités jouer sur le terrain financier.

Est attendu :

  • de fiabiliser les performances du cahier de texte, service « cœur » de l’ENT
  • une meilleure visibilité sur les connecteurs aux autres ressources, portails et services (extérieurs à l’ENT), avec l’authentification unique

Il ne faut pas se laisser envahir par l’optimisme des « informaticiens » et veiller à expérimenter à petite échelle avant de généraliser.

La problématique du changement d’année doit rester un chantier important : nous avons peu de recul sur le sujet, il faut être attentif et assurer la continuité de service.

La gestion des particularismes, comme la gestion des usagers multi-comptes (enseignant et parent, le parents avec des enfants dans plusieurs établissements) n’est pas anodine dans ma mise en place et l’administration d’un ENT. Il faut prendre en compte cela dès le départ.

Enfin, l’ENT qui est mis en place pour répondre à une demande de communication doit permettre de développer les usages extérieurs, inter-établissements et multi-sites. Il serait assez paradoxale que cet outil de communication reste centré sur l’établissement !

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